Et vous, à sa place, auriez-vous craqué ?

Il est des‎ situations qui sont révélatrices de l’état émotionnel et du niveau de crise existentielle dans lequel on se trouve.

Je pense à cette situation vécue l’hiver dernier.

J’en ai été le témoin d’abord. Puis un des acteurs.

Je vous raconte ça tout de suite.

Rien ne semblait anormal

Il est vrai que rien ne paraissait spécial ce soir là d’hiver vers 19h00 lorsque je suis arrivé à l’hypermarché juste à côté de chez moi. C’est d’ailleurs plutôt un hypermarché cool, jamais bondé, très agréable par rapport à ce que l’on visite habituellement.

Oui, tout était normal.

Sauf que, il était tard, j’avais un quart d’heure pour faire quelques achats, repasser voir les enfants chez moi, puis repartir à ma réunion à laquelle j’apportais donc quelques baguettes de pain et saucissons qui nous alimenteraient après nos efforts de réflexion sur les sujets à l’ordre du jour.

Sauf que, à peine entré, je constate que c’est plein de monde.

On s’est tous donné rendez-vous ici ? C’est un peu ce qui m’est venu à l’esprit en regardant l’afflux aux caisses.

Bon, ben, il faut quand même aller vite car j’ai peu de temps pour faire ce que j’ai à faire.

Une rencontre virtuelle

Je pars au rayon boulangerie, puis au rayon charcuterie puisque je suis en charge de ces achats par les copains que je dois rejoindre à la réunion de ce soir à 20h00.

Et mes courses faisant, je croise une femme qui attire mon regard.

Non, je ne joue pas au « drageur » de supermarché. Ma curiosité est juste attirée par cette femme qui passe devant moi.

Fine, 1m68 (précis !), 40 ans, pantalon noir, pull ras de cou très fin bleu clair, talons plats, cheveux blonds, coupe au carré mi longs, jolie, un visage très fin.

Mais, speed et contractée.

Ce qui attire ma curiosité c’est cette attitude complètement refermée sur elle-même, concentrée sur soi ; un joli visage mais fermé, et contracté comme je l’ai dit. Elle ne respire pas la décontraction.

J’ai même l’impression qu’il y a une douleur au fond d’elle.

Bon, ce sont juste des impressions. Mais franchement, quand j’ai des ressentis, en principe, ils ne sont pas imaginaires. J’aimerais bien parfois être plus distant de ce que je perçois et ressens, au hasard des rencontres.

Ici, la rencontre reste virtuelle ; nous ne nous sommes pas parlé.

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Drame à la caisse

De dos, c’est elle.

Je la reconnais, elle est juste devant moi dans la file d’attente à la caisse.

Comme moi, elle a très peu de courses.

Je trouve qu’elle a une allure très gracieuse. Sa façon de se mouvoir, lorsqu’elle est détendue doit être très harmonieuse. Enfin, je le devine.

Car là, son comportement stressé intériorisé semble s’extérioriser.

En effet, elle a des mouvements d’agitation.

Je vous les décris.

Phase 1 : début du « lâcher-stress »

Elle regarde vers le caissier plusieurs fois, vers les autres caisses toutes aussi bondées plusieurs fois, à sa montre plusieurs fois, et si le tapis avance : mais non, elle ne pourra pas poser ses courses.

Je suis juste derrière elle, et je l’observe.

Je suis là debout près de mon chariot, pantalon noir, veste noire, chemise blanche et détendu, conscient, ancré dans la réalité du présent ; sachant que tout instant est une chance. Comme là, où j’observe les autres, où je l’observe, elle.

Puis phase 2 : stress crescendo

Elle porte ses mains à la bouche, les porte ensuite à sa taille, les poings sont serrés, elle est de plus en plus crispée.

Les gestes sont rapides, secs.

Elle fait des pas, petits, en avant, en arrière, sur le coté.

Mais rien ne bouge.

Le caissier est en train de discuter avec le client car il y a un problème ; deux autres personnes attendent derrière ce client, puis elle, puis moi, puis une dizaine derrière moi.

Et de mon côté, je me dis que je vais avoir un peu de mal à gérer tout ce que j’ai à faire, mais que je ne vois pas bien ce que je peux décider à l’instant pour améliorer ma situation.

Je regarde vers les autres caisses, c’est plein aux quelques caisses ouvertes ; c’est un peu le défaut de cet hyper, il y a peu de caisses ouvertes en général, et ce soir, cela se ressent encore plus.

Que faire ?

Regarder autour de soi, car c’est intéressant de se placer en tant qu’observateur, cela détend.

Se dire que c’est une belle opportunité de ne rien faire, ne rien penser.

Attendre, tranquillement.

Juste ça.

Ecouter le souffle de sa respiration, sans penser, juste comme une méditation.

Phase 3 : pétage de plombs en vue

Elle rentre en phase de perte de contrôle.

Elle se retourne vers moi. Une fois, puis une deuxième fois.

Je sens que la pression est montée. Et qu’il va ya voir une suite.

Et j’attends.

En me disant qu’il faut que je sois le plus détendu possible car je vais être très bientôt impliqué.

Elle se retourne une troisième fois, et là, je vois un visage au bord de la crise de nerfs. Encore quelques secondes, et il va se passer quelque chose.

Je suis très calme et, je pense être rassurant par mon attitude et ma posture. Tant mieux, j’ai bien progressé.

Elle se retourne une quatrième fois.

Je suis préparé, il faut que je sois bienveillant, car l’appel aux secours arrive. Je l’attends, quelle que soit la forme qu’il va prendre.

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Phase 4 : Désamorçage à mettre en œuvre

Des yeux clairs profonds, un vrai joli visage.

Elle ne m’attire pas, on est bien d’accord ; on ne parle pas d’attirance, juste de regard porté sur une autre personne. J’ai quand même remarqué son alliance.

Mais je trouve dommage ce visage crispé alors qu’il pourrait devenir très beau avec une expression détendue ou joyeuse.

Là, elle est face à moi, à moins d’un mètre, me regarde et me dit : « Je n’en peux plus ! Là, je n’en peux plus ! »

A moi de jouer, je le sais, je ne peux pas rester inactif.

– Je souris et lui dis en douceur : « Vous pouvez m’en dire plus ? »

– Et bien sûr, elle se lâche : « J’en ai marre ; je trouve ça inadmissible. On doit attendre, toutes les caisses sont pleines de monde ; c’est incompréhensible »

 – moi : « Oui, je comprends ; cette situation est assez difficile. »

– Elle, toujours plus tendue : « Attention, je n’en veux pas au caissier, il fait ce qu’il peut ; mais le magasin est responsable de tout ça. »

– Moi : « Cela entraîne beaucoup de contrariété chez vous. »

– Elle, affolée : « Je dois amener les courses à la maison, mon mari m’attend ; et puis, j’ai une amie blessée que je dois conduire chez elle ; et le temps passe, je n’aurai pas le temps ; et c’est énervant d’être bloqué ici. »

– Moi, très calme et souriant : « Je trouve très bien d’aider votre amie  et de lui consacrer du temps. »

– Elle, un peu sortie de son contexte : « Oui, cela va l’aider, mais là je trouve tout ça énervant. »

– Moi : « Vous avez raison, cela peut paraître énervant. Mais, est-ce si important ? »

– Elle est un peu surprise et ne dit rien ; elle continue à me regarder.

– Moi : « Vous savez, à l’échelle d’une vie, ce moment n’est rien. Et même aujourd’hui, ce moment, un peu compliqué, n’est pas grand chose. Au plus quelques minutes supplémentaires consacrées à l’attente. Vous ne pensez pas ? »

Elle, franchement surprise, et un peu hésitante : « Et bien, peut-être que oui. »

– Moi : « Je suis certain que vous allez arriver à ramener vos courses à votre famille, puis à aider votre amie. Cela se fera de toute façon. Mais, là, on n’a pas vraiment le choix. Alors, autant se détendre et se dire que c’est un moment juste pour nous. »

-Elle, intéressée : « C’est étonnant votre façon de voir les choses ! »

– Moi : « Je crois qu’en cet instant, on peut tout simplement se détendre, attendre que tout se passe. Plus on sera détendu et plus vite le temps passera. Ce que nous avons à faire, se fera, bientôt. Et vous y arriverez. »

– Elle, presque souriante : « Vous avez une attitude vraiment relaxée…et vous sans doute raison. »

– Moi, toujours souriant et détendu : « Je crois juste que ce moment n’est pas dramatique, ni important ; et que c’est mieux de le vivre dans la douceur. Cela permet de détendre son corps et son esprit. Et d’être plus en forme pour vivre ce qui est important. »

– Elle, détendue : « Monsieur, je trouve que vous avez une vision de la vie très rassurante ; c’est assez rare de penser comme vous. Je trouve ça très bien. »

– le caissier : « Madame ? »

Phase 5 : dénouement heureux

Et oui,  c’est déjà à elle de passer ses courses.

Elle pose ses courses sur le tapis roulant ; j’en fais de même à sa suite.

Elle range ses courses, puis les paie. Et je commence à ranger mes courses dans mon sac plastique.

A ce moment là, au moment où elle s’apprête à partir, elle se retourne vers moi, calme, apaisée, et souriante, me regarde et me dit :

« Merci Monsieur… Je voulais vous dire que vous avez une certaine sagesse. »

Là, je suis tellement surpris que je ne sais plus trop quoi dire.

Alors, je la regarde avec un sourire, toujours, car cela rassure, et je lui réponds : « Merci madame ; et vous voyez, vous aussi. »

Et oui, pas forcément intelligent, mais cela m’est venu comme cela.

Elle est partie souriante et sans presser le pas vers ce qu’elle avait à faire.

Et moi aussi.

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Comment résister à l’affolement immédiat

Dans toute situation stressante, il y a une autre solution que celle de s’énerver tout seul ou avec les autres, ou contre eux.

Il y a la solution de donner à cet instant la juste valeur qu’il a dans votre vie.

Dans ce cas, très peu d’importance.

Il faut tout au long de la journée chercher à ne pas entrer dans une spirale de l’énervement, quelle que soit la situation. Quelle qu’elle soit !

Le processus à suivre peut être le suivant.

Première étape : s’occuper de son corps

Il faut commencer par sa respiration.

L’écouter, l’apaiser, la rendre plus longue.

Vous verrez l’impact immédiat de l’écoute et du ralentissement de la respiration.

Après, détendez votre corps.

Relâchez la mâchoire, desserrez les dents. Le stress, la contraction se révèle surtout dans la mâchoire.

Ensuite, relâchez les épaules doucement.

Puis redressez la tête, étirez un peu votre cou…et gardez la posture.

Donc, on est, dents desserrées, épaules relâchées, tête relevée.

Laissez la respiration à votre ventre, sans forcer, doucement.

Relâchez les sourcils si ce n’est pas déjà fait.

Décrispation totale du visage.

Les bras, surtout pas croisés. Surtout pas, car vous créez un blocage du corps et de la pensée. Et en plus, vous communiquez une attitude refermée sur vous-même.

Donc, les bras relâchés le long du corps. Même pas les mains croisées.

On est sur la bonne voie. Celle du relâchement.

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Etape suivante : on s’occupe de la pensée.

Oui, il faut maintenant ralentir le flux de pensées qui assiège votre esprit.

Trop nombreuses, trop diversifiées les pensées ; d’autant plus quand une émotion forte est en train d’émerger, telle que la contrariété ou la frustration.

Ces émotions ne sont pas de bons moteurs.

Elles vous entrainent vers des comportements mal contrôlés et préjudiciables ; à vous et aux autres ; souvent exprimés par la colère.

Donc, si vous relâchez votre corps et que vous êtes à l’écoute de votre respiration (en la menant vers un  rythme plus lent), vous allez pouvoir ralentir le flux de pensées.

De cette manière, vous laissez dans un coin :

–  l’angoisse du vide existentiel lié à une perte de repères,

– et l’anxiété liée à la vision dramatique de votre avenir.

Ces deux stress vous accompagnent souvent, longtemps, à répétition, ou en permanence, selon votre état de crise de la quarantaine ou crise   existentielle.

Ils génèrent tant de pensées contradictoires et étouffantes de façon explicite ou bien en sourdine.

Et lors d’un stress plus intense, la réaction devient épidermique et vous amène à craquer, d’une manière ou d’une autre.

Pour y arriver, ancrez-vous dans le présent.

Vous êtes là, et pas ailleurs, et ce n’est pas grave.

A cet instant, que peut-il vous arriver de grave ?

Rien.

Donc, tout ceci n’est pas si important et ne mérite pas de s’énerver.

Tout ceci ne mérite pas de consacrer plus d’énergie que nécessaire. Et surtout, cela ne va pas accroître votre énergie positive, bienfaitrice. Cela va l’amenuiser.

Alors, restez là, calme, relâché, à regarder le temps présent, à écouter votre respiration ; profitez de cet instant pour vous détendre.

Oui, on est en pleine méditation, en quelque sorte.

Si tous ces petites contrariétés vous atteignent, que va-t-il se passer lorsque des évènements plus sensibles vont se produire ?

Vous allez gérer comment les contraintes de cette situation dramatique ?

Comment allez-vous être capable de prendre de bonnes décisions si vous subissez au lieu de vous relâcher pour mieux ensuite faire face ?

Faites l’exercice physique et mental maintenant et vous allez voir le bienfait immédiat que cela procure.

Bon, j’arrête là pour aujourd’hui et je vous conseille de vous entraîner à ne pas subir le stress, d’une manière générale, et celui de certaines situations en particulier.

Et posez-vous les questions suivantes ?

Vous, à la place de cette femme, qu’auriez-vous fait ?

Et vous, à ma place, qu’auriez-vous fait ?

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A bientôt.

C’était Didier.

Didier Di Chiara

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